Sachez quand vous arrêter

Pour certains joueurs, savoir quand s'arrêter signifie continuer à jouer tant que les victoires surviennent et stopper lorsque les pertes commencent. Pour d'autres parieurs, savoir à quel moment quitter le jeu implique qu'il faut s'en aller lorsqu'on a des gains modérés, mais continuer à jouer lorsque les pertes s'enchaînent en espérant un renversement de situation.

Très peu de ceux qui commencent une session de casino ou une partie de jeu en appliquant l'une de ces stratégies s'y tiennent jusqu'au bout. Au contraire, ils basculent d'un mode à un autre durant leur expérience. Nicholas Barberis de l'université de Yale a émis l'hypothèse selon laquelle le choix des stratégies initiales et à mi-parcours peut être expliqué par la « théorie des perspectives cumulées » de gestion des risques.

L'un des aspects de la théorie des perspectives qui influe sur le choix des stratégies de sortie est que les individus peu sérieux agissent en suivant des impressions qualitatives de chance plutôt qu'en se basant sur les valeurs réelles de probabilité. Plus précisément, la théorie stipule que les événements qui ont une faible probabilité sont généralement considérés comme ayant plus de chance de se produire qu'ils n'en ont véritablement, pendant que les phénomènes qui ont des probabilités moyennes ou élevées sont considérés comme moins susceptibles de survenir.

L'autre aspect pertinent de la théorie des perspectives est que la relation entre la valeur perçue et la valeur réelle (l'utilité) de gains ou de pertes n'est pas constante. D'un point de vue positif, au fur et à mesure que la valeur réelle augmente, l'utilité évolue, mais à taux décroissant. Cela peut être considéré comme étant semblable à la loi des rendements décroissants. Un bénéfice de 1 000 € n'est pas perçu de la même façon si vous passez de 1 000 à 2 000 € que si vous passez de 0 à 1 000 €. Ainsi, les joueurs de casinos rechignent à prendre des risques au fur et à mesure que leurs bénéfices augmentent. L'inverse s'applique dans le domaine négatif. Les gens affichent une plus grande sensibilité aux pertes qu'aux victoires. L'impact des pertes s'accentue plus qu'il ne diminue suivant le montant actuel en jeu. Une perte de 1 000 € est mauvaise, mais une perte de 2 000 € est deux fois plus lamentable. Cela conduit à l'augmentation de la tolérance au risque, en ce sens que l'accroissement des pertes encourage les joueurs qui ne savent pas quand s'arrêter à espérer un renversement de situation au lieu d'accepter simplement leur défaite.